Peter Campus


Bibliographie:

Photographe, sculpteur et vidéaste.

Né le 19 Mai 1937 à New York.

C’est l’un des artistes américains les plus importants des années 70 et éminent représentant dans l’art vidéo.
Il étudie la Psychologie expérimentale de 1955 à 1960 à l’Ohio State University, puis poursuit des études de cinéma à New York au Film City College de 1961 à 1962.
Très jeune, il s’essaye à la peinture, puis la photographie.

Plus tard, producteur pour la télévision, il décide de devenir réalisateur de film, Dark Light en 1966 reste son seul projet abouti.
Il commence à travailler avec la vidéo en 1971 à l'aide d'un Portapac avec lequel il réalise ses deux premières bandes Dynamic Field Series et Double Vision.

À la fin des années 70, il explore la projection de diapositives et la photographie en noir et blanc, la vidéo Three Transitions, 1973, est l’une de ses oeuvres les plus emblématiques.



Dans les années 80, il s’exerce à fusionner la photographie et les diapositives pour examiner comment la lumière projetée altère notre perception des images (Murmur, 1987).

Par ailleurs, il consacre une partie de son temps à l’enseignement, tout d’abord à Rhode Island School of Design de 1982 à 1983, puis à New York University où il est nommé Associate Professor of Arts and Media en 1983.

Dès le début des années 90, il travaille sur l’effet d’union et de manipulation de photographies (Flutter, 1993).

Désormais, il élargit son potentiel artistique en explorant les capacités de l’ordinateur.
Il fait partie de la première génération d’artistes qui a cherché à s’intéresser aux technologies du film et de la vidéo.Il vit et travaille actuellement à East Patchogue dans l’état de New York






Perspective artistique chez Peter Campus:

"Cette découverte a été passionnante et je ne l’oublierai jamais."


Peter Campus savait qu'il voulait être un artiste dès son premier cours d’art plastique à l'âge de 14 ans. "L’art fut incroyable" a-t-il dit. "Il m'a offert un moyen d’exprimer mes préoccupations sur le monde de manière sensée.

Comme il n’est pas issu d’une famille qui aurait appuyé sa décision d'étudier l'art, et encore moins être un artiste, Campus a obtenu un diplôme en psychologie au moment où naissent les premières théories de la cognition «Je suis finalement devenu un artiste quand j'étais assez vieux pour que personne ne puisse plus me dire quoi faire. »


Durant les années 1970, Campus a produit un remarquable ensemble d’installations vidéo en circuit fermé.

La totalité de son œuvre est assez complète, même si certains thèmes restent récurrents, ses films sont assez différents.
Ils durent entre 3 et 16 minutes, en couleur ou noir et blanc, et sont généralement muets, bien qu’un en particulier porte volontairement l’accent sur la narration (pour retranscrire un rêve), moins que sur la vidéo, Six Fragments (1976).

Son travail, succinct et spirituel dans l’exécution, est empreint d’une grande maîtrise des techniques de l’art vidéo, mais aussi, et, ce dans toutes les œuvres qu’il a réalisé, de son intime engouement pour la psychologie comportementale, vestige de son enseignement universitaire.


Comme la plupart des artistes, il est réticent à décrire son travail, mais il dit que les préoccupations psychologiques sont l'un de ses fondements. «Je suis très intéressé par la formation de la personnalité dans le monde. Mon travail a aussi des préoccupations philosophiques et, parfois, politiques. »

En fin de compte, Campus affirme que son travail porte sur l'interaction de l'homme et la nature. « Dans l'art, il y a toujours une relation entre la pensée et la matière. » Cette position philosophique concilie précisément l'expérience vécue et les représentations mentales, rejetant ainsi l'idée que des représentations mentales puissent se produire sans le sentiment de soi, de son corps, sans l'expérience vécue dans le monde et avec le monde.


Campus est devenu une figure éminente de l'art vidéo.

La caméra tend chez lui à être un substitut de l’œil car elle rend possible un point de vue extérieur.

D’après ses dires, « le point fort de la caméra c’est le tube vidicon, semblable à la rétine de l’œil, transposant continuellement l’énergie de la lumière (photon) en énergie électrique.
"Il est facile d’utiliser la vidéo pour clarifier des situations perceptibles car elle sépare bien le substitut de l’œil (caméra) de l’expérience cérébrale effective de l’œil avec laquelle nous sommes tous très familiers.»


Son travail inclut des installations en circuit fermé, la photographie, et des images de synthèse, les images de la caméra, simultanéité, et systèmes de couleur.

Il utilise également l’effet « chroma-key », connu aussi sous le nom d’effet d’incrustation qui consiste à intégrer des objets filmés séparément, et par un procédé de « cache-cache », les images masquées sont mises en alternance sur une pellicule. Dans Three Transitions (1973-1977, 3éme film), par exemple, pour parvenir à un puissant effet métaphorique.

On peut le voir s'essuyer le visage avec sa main et, ce faisant, «effacer» sa surface pour révéler une autre image de son visage en dessous.


De grands axes qui se recoupent motivent le travail de Peter Campus : l’unité artificielle de temps et d’espace, remettant ainsi en question les lois fondamentales de la physique, la perception de soi dans l’espace, en explorant les limites de la perception visuelle en tant que mesure de la réalité, et par extension, l’identité.

Dans ses installations, Campus veut que le spectateur fasse l’expérience de la conscience soi-même, plus exactement de l'expérience de soi-même en tant qu'être percevant prenant conscience de la perception en cours.


L'artiste va cependant plus loin, puisque ses installations, conférant une part importante à notre corps dans l'ensemble du processus, augmentent la difficulté :"notre corps, le corps, intervient-il dans la perception en général ou non, et jusqu'à quel point la perception de mon corps est-elle une perception (in-)directe de moi-même avec laquelle je coïncide ou bien une perception (in-)directe avec laquelle je suis en déphasage permanent?"

Il semble évident que pour les installations de Campus, la non-coÏncidence est la règle, puisque l'artiste opère systématiquement des décalages spatiotemporels dans des temps et espaces réels ainsi que dans des temps et des espaces déplacés.



Dans Three Transitions, il explore les limites de la perception visuelle en tant que mesure de la réalité.
Il joue sur des situations de perception impossibles en réalité, cherchant à ce que le spectateur soit déconcerté.

En effet, en comparaison avec ce que l’on peut voir dans un film, l’information de l’image est basée sur les informations électromagnétiques qui ne sont accessibles pour la perception humaine uniquement au moyen d’appareils techniques.

L’image filmée offre ainsi les possibilités significatives de la manipulation. En prenant différentes perspectives qui ne peuvent être perçues simultanément et en les joignant l’une à l’autre, il met en doute la structure d’espace.

Dans une des séquences, Campus traverse sa propre image (1er film). Le spectateur devient ainsi témoin de la supercherie.
Il remet en question de ce fait les lois de la physique. Il se sert alors de la nature de l’image vidéo séparée des conditions matérielles.


En unissant des points de vue totalement divergents qui peuvent être représentés simultanément par la lecture vidéo, il produit une unité artificielle de temps et d’espace.


Le point de départ de Campus pour ce travail situationnel est son « intérêt pour les espaces temporels et l’accumulation des perspectives, leur transition et transfert de lumière et d’électricité, le retour d’information de sa propre image, la projection de l’image, l’équilibre et l’amalgame des différences, leurs « sources » communes ne doivent pas directement être perçues.» (Peter Campus dans Gruber/Vedder (1983) op.cit.,p.88)


L'une des œuvres restituant le plus directement le processus de perception immédiate de soi est ''Interface'' (1972).
Une simple vitre-écran se trouve dans une salle plongée dans la pénombre; derrière cette vitre-écran, une caméra filme toute personne entrant dans la salle dont l'image est projetée sur l'autre versant du panneau.

Ainsi on perçoit deux images de soi-même en temps réel : l'une est votre reflet inversé et en couleurs, l'autre est la projection en noir et blanc de votre image filmée, mais à l'endroit.

''Interface'' s’inscrit dans les recherches de Campus autour de la perception de soi dans l’espace, et par extension, d’identité, qui le préoccupent ainsi qu’un grand nombre de ses contemporains vidéastes dans les années 70 (Bill Viola, Bruce Nauman, Gary Hill, Dan Graham etc.)

Dans cette perspective, Campus joue systématiquement dans l’ensemble de ses installations sur la perturbation de l’image du spectateur. « Par différents procédés, l’artiste place en effet le spectateur face à son image fragmentée, dédoublée, inversée, déformée. Autant de manières de rendre perceptible la complexité de la construction de l’identité. »,Frederic Baumgartner.

Les notions d’illusion et de réalité sont très présentes dans son travail, il peut articuler de multiples transformations et déplacements d’images pour y parvenir. Il explore la puissance symbolique des effets techniques et visuels, sa stratégie de dislocation et de disjonction de l'identité sert à la fois à exploiter et à subvertir la notion de la vidéo comme un miroir.


On pourrait voir dans certaines de ses œuvres, une évocation, certes extérieure à la volonté de l’artiste, au mythe de Narcisse.

Il est lui-même au centre de son art, et tend à montrer, refléter sa propre image par différents procédés. Et plus encore, il invite le spectateur à s’immiscer dans l’œuvre afin d’en devenir acteur à part entière.

Pour se faire, dans ses installations en circuit fermé, il insert des jeux de caméras qui filment en temps réel les visionneurs pendant l’exposition, dans Interfaces, le rôle spectateur prend alors toute sa dimension, ou des jeux de miroir, avec une grande vitre qui forme un écran pour que le spectateur cherche et voie alors son reflet comme faisant partie intégrante de l’œuvre.

Sans le participant donc, l’œuvre serait incomplète. « Vous entrez dans la pièce et, dans un premier temps le travail est invisible.

Ensuite, vient rapidement le choc de votre propre image puisque vous activez l'appareil photo. Ces deux étapes ont un but. (…)Je veux que les visiteurs explorent la salle, même les zones hors du champ de vue de la caméra, parce que toute la mise en place - l'espace, l'appareil photo, la caméra montée - sont intrinsèques à eux-mêmes. Bien sûr, ce sont autant de tentatives de renverser le spectateur passif. », Peter Campus interview d’Olivier Basciano.

L’art vidéo de Campus vise à explorer l’équilibre subtil entre des éléments distants mais pénétrants, formels mais troublants.



Fait intéressant, Campus ne montre pas aux élèves son travail. « Je ne veux pas que mon travail prenne place dans leurs esprits. Ils sont issus d’une génération différente, avec des préoccupations différentes. Ayant étudié la psychologie, je mets un point d’honneur à l'individu. Pour moi, c'est vraiment important de voir les élèves se développer eux-mêmes. »

Ce qu'il fait le mieux en tant que professeur, dit-il, est d'engager un dialogue avec ses élèves pour les aider à « se familiariser avec le travail qu'ils créent et les aider tout au long de leur cheminement. »

Il est également préoccupé à préparer ses étudiants pour le monde extérieur à l'école. « Les artistes créent dans l'isolement, puis apportent leur travail au sein de la communauté. Cela signifie qu'ils doivent apprendre à faire face à un monde mercantile. Je suis d’avis d’informer étudiants de la façon dont cela se passe. »

Certains de ses élèves prennent part aux discussions, tandis que d'autres préfèrent réfléchir à ces choses une fois qu'ils sont en dehors de l’école. « Mais ils sont tous conscients qu'il y a des centaines d’endroits à New York où ils peuvent éventuellement montrer leur travail. »



Campus aime autant voir son travail dans de grandes que de petites salles. Il a été exposé partout dans le monde. «J'aime cet équilibre. Il semble important. Parfois, c’est plaisant de voir mon travail exposé dans un grand musée national, mais d'autres fois, le voir dans une petite exhibition dans l'État de New York, c'est encore mieux. En outre, vous êtes sûr d'atteindre des personnes différentes selon le type de galerie où l'œuvre apparaît. Mes travaux sont également regardés avec des attitudes, dans des ambiances et états d’esprit différents en fonction des endroits où ils sont présentés. »







Vidéos:


1971: '''Double Vision''',14 min 45,en noir et blanc, sans son.

1971: '''Dynamic Field Series''' 23 min 42, en noir et blanc,avec son

1973: '''Three Transitions''' 4 min 53,en couleur , avec son

1974: '''R-G-B''' 11 min 30 min, en couleur, avec son



1974: '''Set of Co-incidence''' 13 min 24 , en couleur, avec son

1976: '''East Ended Tape''' 6 min 46, en couleur, avec son
1976: '''Four Sided Tape''' 3 min 20, en couleur, avec son

1976: '''Six Fragments''' 5 min 07, en couleur, avec son

1976: '''Third Tape''' 5 min 06, en couleur, avec son

1997: '''Winter Journal 1997''' 6 min 32, en couleur, avec son

2000: '''Death Threat''' 11 mion 22, en couleur, avec son



Expositions personnelles:(sélection)

2008:
Peter Campus - '''"''Albion''"''' - London, Londres (Angleterre)


2007:
Peter Campus - Locks Gallery, Philadelphie, PA

'''"''video installation by Peter Campus''"''' - The RISD Museum - University of Rhode Island, Providence, RI

2005:
Peter Campus - Locks Gallery, Philadelphie, PA


2003:
Peter Campus - '''"''Analog + Digital. Video + Foto 1970-2003''"''' - Kunsthalle Bremen, Bremen
Peter Campus - '''"''Before this moment''"'''- Antiguo Colegio de San Ildefonso, Mexico City


2002:
Peter Campus - '''"''Leslie Tonkonow Artworks + Projects''"''', New York, NY


1998:
Peter Campus -'''''"By Degrees"''''' - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1996:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1994:
'''''"Shadow Projection, 1974: Peter Campus"''''' - Hessel Museum of Art & Center for Curatorial Studies Galleries at Bard College, Annandale-on-Hudson, NY


1991:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1989:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1987:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1986:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1985:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1983:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1982:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1981:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1979:
Peter Campus - Paula Cooper Gallery, New York, NY


1976:
Projects: Peter Campus -'''''"MoMA"''''' - Museum of Modern Art, New York, NY


Liens externes / Sources

http://www.artreview.com/profile/petercampus

http://www.heuresexquises-documentation.net/artistes/campus.html

http://www.artfacts.net/fr/artiste/peter-campus-21875/ligne-directrice.html

http://www.moma.org/?q=peter+campus

http://www.newmedia-art.org/cgi-bin/show-art.asp?LG=FRA&DOC=IDEN&ID=D002239

http://www.wikipedia.org/wiki/Peter_Campus

http://steinhardt.nyu.edu/profiles/faculty/peter_campus

http://www.artinamericamagazine.com/search/peter+campus