Rirkrit Tiravanija, un artiste d’esthétique relationnel



Rirkrit Tiravanija est un artiste contemporain thaïlandais, né en 1961, dont la plupart des travaux portent sur une dimension sociale. Son travail est donc le plus souvent immatériel, et peut permettre au public de prendre part à ces œuvres. Le critique d’art Nicolas Bourriaud a d’ailleurs inventé le terme d’ « esthétique relationnelle » pour qualifier ces dernières. Son travail est influencé par le nomadisme.


Biographie




Il travaille à New York et Berlin, les deux capitales de l’art, mais aussi à Bangkok. En 2004, il a reçu le prix Hugo Boss de la part du Guggenheim Museum, « en reconnaissance de sa profonde contribution à l'art contemporain ». Il s’agit d’un prix qui existe depuis 1996, mais malgré cette faible ancienneté, il est considéré comme un des plus importants en termes d’art contemporain. Il a également reçu le prix Benesse du Musée d’art contemporain de Naoshima au Japon et du Smithsonian American Art Museum. De plus, en 2010, Rirkrit Tiravanija a été le lauréat du prix décerné par The Absolut Company. C’est donc un artiste renommé, dont on retrouve les expositions éphémères partout dans le monde, mais aussi un professeur enseignant à l’école d’art visuel de Columbia University et est l’un des curators fondateurs d’Utopia Station.


Formation

:
  • The Whitney Independent Studies Program, New York


  • The School of the Art Institute of Chicago


  • The Banff Center School of Fine Arts, Banff, Canada


  • The Ontario College of Art, Toronto, Canada


  • Expositions personnelles


  • 1990 «Pad Thai» Project Room, Paula Allen Gallery, New York, USA


  • 1991 « (blind)», Randy Alexander Gallery, New York, USA


  • 1992 303 Gallery, New York, USA


  • 1993 «Migrateurs», ARC/Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, France «live and eat, eat and die», Randolph Street Gallery, Chicago, USA 1992 « Untitled


  • 1994 « Andy Warhol Rirkrit Tiravanija», Gavin Brown Enterprise, New York, USA «Untitled 1994, (meet tim & burkhard)», neugerriemschneider, Berlin, Germany , Architektenbüro Alsop &Störmer, Hamburg Helga Maria Klosterfelde Edition, Hamburg, Germany « Untitled 1994, (fear eats the soul)», Friesenwall 116, Koln, Germany «Untitled 1994, (beauty)», Jack Hanley Gallery, San Francisco, USA


  • 1995 « Untitled (tent)», Architejtenburo Alsop & Stormer, Hamburg; Helga Maria Klosterfelde Edition, Germany «Untitled (From Baragap...to Reina Sofia)», Kunsthalle Basel, Basel, Switzerland «Untitled 1995 (Still)», 303 Gallery, New York, USA


  • 1996 «Untitled 1996, (loup, es-tu-là ?)», Galleria Emi Fontana, Milan, Italy «Untitled 1996 (Traffic)», Navin Gallery, Bangkok, Thaïland «The Pool Room», Kunstverein in Hamburg, Hamburg, Germany «Untitled 1996 ( Tomorrow is another day)», Kölnischer Kunstverein, Koln, Germany « Untitled 1996 (one revolution per minute)», Le Consortium, Centre d'Art Contemporain, Dijon, France «Rehearsal Studio n° 6», Kunsthalle, Saint Gallen, Switzerland « In/Out», Gallery 400 U of I, Circle Campus, Chicago Stichting De Appel Foundation, Amsterdam, Netherlands «Douglas Gordon Rirkrit Tiravanija», FRAC Languedoc- Roussillon, Montpellier, France


  • 1997 « Untitled, 1997 (a demonstration by Faust as a sausage and Franz Biberkopf as a potato)», neugerriemschnelder, Berlin, Germany « Untiled 1997 (Playtime)», Projects 58, MoMA, New York, USA ; Williams College Museum of Art, Williamstown, USA Kunstverein Ludwigsburg, Villa Franck, Ludwigsburg, Germany « Untitled 1997 (schupfnudein)», Jan Winkelmann, Münich, Helga Maria Klosterfelde, Hamburg, Germany


  • 1998 « Dom-Ino», Galerie Chantal Crousel, Paris, France «Untitled 1998», Galerie Micheline Szwajcer, Antwerp, Belgium «Untitled 1998 (das soziale kapital)», Museum für Gegenwartskunst, Zürich, Switzerland « Untitled 1998 (on the road with Jiew, Jeaw, Jieb, Sri and Moo)», Philadelphia Museum of Art, Philadelphia, USA


  • 1999 « Ruckus L.A. meets (Dom-Ino Effect)», in collaboration with Lincoln Tobier, LACMA, Los Angeles, USA


  • 2000 « When the Grass is Green Use It Demons Trate», Galeria Salvador Diaz, Madrid, Spain « Passage Cosmo », Project Gallery, CCA Kitakyushu, Japan(cat.) « Rirkrit Tiravanija», 1301 PE, Los Angeles, CA, USA « Bon Voyage», Grazer Kunstverein, Graz, Austria « Polyradiobucket» (with Lincoln Tobier), Avignon, France « Rirkrit Tiravanija», Galleria Emi Fontana, Milan, Italy


  • 2001 « Rirkrit Tiravanija – Over Magazine », Oslo Kunsthall, Oslo, Norway NGAM, Turin, Italy «Untitled (Demo Station no.3) », Portikus, Frankfurt, Germany « Untitled (No Fire No Ashes) », Neugerriemschneider, Berlin, Germany « Untitled – The twos sons of Mönchengladbach», Städtisches Museum Abteiberg, Mönchengladbach, Germany Kunstverein, Wolfsburg, Germany


  • 2002 Secession, Vienna, Austria (cat.) « Untitled (The Raw & The Cooked)», City Opera Gallery, Tokyo « Demonstration», Sumida River Project, Asahi Beer, Tokyo Ver station no 2, Astrup Fearnley Museum of Modern Art, Oslo


  • 2003 « Untitled (Demo Station no.4)», Ikon Gallery, Birmingham, England In the future everything will be chrome, GBE Modern, New York, USA Social Pudding, Rirkrit Tiravanija and Superflex, Galerie fur Zeitgenossische Kunst, Leipzig, Germany


  • 2004 Museum Bojmans Van Beuningen, Rotterdam, Netherland Social Pudding, Rirkrit Tiravanija and Superflex, 1301PE, Los Angeles, USA


  • 2005 Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris/ARC, Paris, France Serpentine Gallery, London, UK


    • Le projet Utopia Station



    Utopia Station a vu le jour en 2003 sous la forme d’un projet d’exposition à la Biennale de Venise, puis à la Haus der Kunst de Munich, et a pris depuis différentes formes : site Internet (www.e-flux.com), pages dans la presse, rencontres, séminaires, et une série d’interventions en marge du Forum social mondial de 2005 à Porto Alegre.


    Utopia station est donc une plateforme mobile, dont les fondateurs sont Hans-Ulrich Obrist, Rirkrit Tirananija et Molly Nesbit. Ce dernier décrit ce projet, dans un article tiré du journal « Le monde diplomatique » de la manière suivante : « Plus de trois cents artistes participent à la définition d’Utopia Station, carrefour de correspondances, gare itinérante en réalité, organisée par Hans Ulrich Obrist, Rirkrit Tiravanija et moi même. Le projet est devenu un outil, une manière de s’organiser et d’offrir un ensemble d’options, un passage où se rencontrer sur le chemin de l’Utopie, ou d’une vie meilleure. »


    Etabli en Janvier 1999 à New York, e-flux est un réseau international qui touche quotidiennement plus de 50 000 professionnels des arts visuels à travers leur site internet, liste e-mail et projets spécifiques.


    Exposition Soup/ No Soup (2012)




    En prélude à l’ouverture de La Triennale, l’artiste contemporain Rirkrit Tiravanija a présenté Soup/No Soup, projet qui a transformé pendant douze heures la Nef du Grand Palais en un gigantesque banquet festif dont le menu était une soupe Tom Ka.


    La Triennale, ancienne « Force de l’art » est une manifestation artistique qui se déroule tous les trois ans dans divers lieux, les principaux étant Paris et Tokyo. Elle est organisée par le centre international des arts plastiques et le palais de Tokyo, et porte sur l’art contemporain.


    C’est donc durant ce festival en 2012 que Rirkrit Tiravanija a pu présenter pour la première fois cette œuvre à Paris. Elle avait déjà était présentée à New York l’année précédente, lors d’une exposition consacrée à l’artiste. C’est une œuvre qui se veut modeste, mais qui permet au public de devenir une partie intégrante de cette dernière. Elle est donc basée sur la convivialité et l’échange, et créee une architecture de l’hospitalité et de sculpture sociale.



    The land Foundation (1996)



    « The land foundation » est une communauté durable, également présentée comme un projet social, éducatif et écologique, créée en 1996 par l’artiste en question. Elle est située à Chiang Mai, en Thaïlade, et a pour but d’acquérir des champs de riz dans la province de cette ville pour y cultiver de manière communautaire. Elle est également comparée à un laboratoire expérimental, où on y recherche des techniques agricoles respectueuses de l’environnement. De nombreux artistes y sont invités pour y construire avec esthétique des huttes, salle de bains, lieu de méditation, et permet de rappeler qu’un autre développement, celui qui prend en compte l’humain, et possible et n’a jamais été autant d’actualité.


    • Il s’agit donc d’un projet social qui ne se contente pas des terres de Chiang Mai. En France, au sous sol de la galerie Chantal Crousel en 2002, Rirkrit Tiravanija a rassemblé nombre de choses autour de ce projet : une barque, des dessins représentant les luttes sociales, magazines et nourriture à vendre pour récolter des fonds, et enfin quelques tables et quelques chaises pour inviter le public à débattre sur des thèmes tels que l’homme dans la société, les luttes sociales, ou l’environnement. Une fois encore, l’artiste a glissé dans son œuvre un point de rencontre et d’échange.

    Rehearsal Studio (à partir de 1996)




    Studio 13/16: On Air. par centrepompidou




    L’artiste a reproduit un studio d’enregistrement de New York, situé près de chez lui, destiné à enregistrer des groupes musicaux connus, et le reste du temps, il est ouvert au public. Son nom d’origine est « Untitled 1996 », mais depuis l’œuvre a eu le temps d’évoluer, de se succéder en versions, et d’être présentée lors de diverses occasions à travers le monde. C’est le cas du festival « On air » en 2012 qui s’est déroulé au sein du centre Pompidou à Paris. Les adolescents étaient invités à venir jouer et s’enregistrer durant une heure dans le Rehearsal Studio, entouré d’une fresque à la craie. Car si ce dernier est un lieu de partage, comme le veux Rirkrit Tiravanija, c’est aussi un lieu d’exposition.


    Critique


    La manière dont cet artiste aborde l’art ne fait pas l’unanimité. En effet le côté immatériel de ses œuvres dérange, et perturbe la vision dont beaucoup se font de l’art, même contemporain. On peut ainsi retrouver, par exemple, le nom de Rirkrit Tiravanija dans le un article de Nathalie Desmet de la Nouvelle revue d’esthétique paru en 2009, qui s’intitule « Une relation d'esthétique impossible : les expositions dans lesquelles il n'y a rien à voir »