Robert Barry


image 509d35d758ad3image.jpg (13.3kB)


Naissance -- 9 mars 1936 (80 ans), à New York.
Nationalité -- Américaine.
Activités -- Artiste, peintre.
Représentant de l'art conceptuel.


Après des études au Hunter College [Établissement d'enseignement supérieur à New York], et particulièrement auprès de Robert Motherwell, Robert Barry porte un intérêt notable aux idées de certains artistes. Comme Ad Reinhardt, ceux-ci lui semblent devoir déboucher hors du formalisme visuel, sur une nouvelle conception des rapports entre œuvre et langage. Ce passage d'une peinture systématique à une intégration de l'œuvre dans l'espace, s'éloignant progressivement des composants visuels, se concrétise, en 1968, dans des expositions au Bradford College de Bradford (Massachusetts) et au Windham College de Putney (Vermont), dans lesquelles Robert Barry relie des bâtiments et des espaces avec des fils de Nylon, virtuellement invisibles.

Au cours des années suivantes, Barry se concentre sur l'expression du monde invisible de la matière, supprimant totalement l'élément visible au profit d'un intérêt pour les modes de perception conceptuels, ainsi dans les Carrier Waves (Ondes de fréquence, 1968) ou les Inert Gaz (Gaz inertes, 1969). Les recherches sur ces principes de communication, de connaissance, intégrant la dimension psychique de l'art, se développent dans des séries d'œuvres telles que les Presentation Pieces, les Invitation Pieces, les Closed Gallery Pieces et les Marcuse Pieces, consistant en l'envoi de cartons annonçant la clôture de la galerie durant l'exposition ou la présentation dans celle-ci d'œuvres d'autres artistes ou de critiques (ainsi Lucy Lippard à la galerie Yvon Lambert, Paris, 1971).

Dans les années 70, Barry utilise, autour de l'usage du langage et de listes de mots, des formes d'expression variées : livres, projections de diapositives (Remember, 1973, Bâle, M. A. C.), films, enregistrements. Utilisés souvent pour leur capacité à décrire les impressions que l'on peut avoir devant une oeuvre, ces mots ne constituent pas un langage analytique ou critique, ils procèdent plutôt par allusion et possèdent une pluralité de sens qui suscitent des associations d'idées avec le contexte architectural ou psychologique dans lequel ils sont saisis; l'oeuvre dans sa globalité fait "espace". Souvent pour ses "wallpieces", les mots inscrits dans un sens puis dans l'autre, sans début, sans fin, sont aux lisières du mur, aux limites du lieu qui leur est dévolu pour mieux nous sensibiliser à notre environnement.
Le spectateur/lecteur est ainsi mis en scène par l'artiste dans une communication où les multiples significations combinatoires des mots l'entrainent jusqu'à dépasser parfois l'état de sa conscience.


À partir de 1977, l'artiste revient à l'usage de la peinture en inscrivant des mots sur des tableaux ou des murs monochromes : mots sur des murs blancs, écrits sur la périphérie, images d'arbres tracés de manière plus ou moins visible sur le fond, séries de mots en forme circulaire (Radiation) ou en rayon à partir d'un centre, sur des fonds monochromes (roses, noirs) ou bicolores (le Consortium, Dijon, 1986). Présent dans de nombreuses collections (Eindhoven, Van Abbe Museum ; Paris, M. N. A. M. ; Lyon, musée Saint-Pierre A. C.), son œuvre a fait régulièrement l'objet d'expositions aux États-Unis et en Europe dans les galeries Art and Project à Amsterdam, Leo Castelli à New York, Yvon Lambert à Paris ainsi qu'au Stedelijk Museum d'Amsterdam (1974) et au Gemeentemuseum de La Haye (1989).