Roman Opalka


Biographie
1931 Naît en France de parents polonais
1940 Déportation de la famille en Allemagne
1945 Libération de la famille par les troupes américaines et départ pour la France
1946 Retour en Pologne
1946-48 Suit une formation de lithographe è l’école de graphisme de Walbrzych Nowa Ruda
1949 Étudie à l’Ecole des Arts Appliqués de Lodz, Pologne
1950 Rencontre avec sa première femme, Halszka (Alina) Piekarczyk
1950-56 Étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie, Pologne
1959-63 Série de peintures monochromes en blanc

1965 Début de l’œuvre OPALKA 1965/1 – ∞
  • Prix de l’exposition des jeunes peintres polonais à Sopot, Pologne
1968 Elargissement du concept à l’enregistrement vocal
1969 10e Biennale d’Arts Graphiques de São Paulo, Brésil
  • Médaille d’or du graphisme à l’exposition «Gold Bunch of Grapes» à Zielona Gora, Pologne
1970 Concentration exclusive sur l’œuvre OPALKA 1965/1 – ∞
  • «The Critique’s Reward of Name K.C. Norwid» pour la meilleure exposition individuelle
    • de peinture à Varsovie, Pologne
    • Prix de la 3e Biennale Internationale d’Arts Graphiques de Cracovie, Pologne
    • Prix de la 2e Biennale Internationale d’Arts Graphiques de Bradford, Grand-Bretagne
    • Prix de la 7e Biennale Internationale d’Arts Graphiques de Tokyo, Japon
    • Prix du Art Museum Ohara, Tokyo, Japon
1971 Premier prix du Ministère de la culture et des arts de Pologne
1977 S’établit définitivement en France
  • Prix de la 14 e Biennale d’Arts Graphiques de São Paulo, Brésil
1985-90 Professeur invité à l’Académie d’été de Salzbourg, Autriche
1991 Prix National de la Peinture, Paris, France
1996 Prix spécial du Ministère des affaires étrangères, Varsovie, Pologne
2009 Commandeur dans l'ordre des Arts et Lettres, Paris, France
  • Médaille d'or du Mérite Culturel « Gloria Artis », Varsovie, Pologne
2011 6 août, décès à Chieti, Italie

Avant 1965
Roman Opałka a débuté sa carrière artistique à la fin des années 1950. Il a très vite rencontré un grand succès en tant que graveur et remporté de nombreux prix, tant en Pologne qu'à l'étranger. Non satisfait de son poste de chef décorateur auprès de l'Armée polonaise, il traça sa propre voie dans l'art en cherchant à redéfinir les notions du modernisme et de l'avant-garde en peinture.
Les Chronomes (1962-1963) (peintures monochromes grises entièrement recouvertes de millions de signes blancs), sont inspirés par la pensée de Wladyslaw Strzeminski (1893-1952), grand peintre d'avant-garde polonaise, selon laquelle chaque centimètre carré du tableau a la même valeur artistique. Les toiles de cette série sont une première tentative d'inscription du temps sur la toile. Mais, chaque Chronome se regarde de façon isolée. Le temps n'y est pas assez visible et Opałka cherche à rendre perceptible un temps irréversible.

Après 1965
Roman Opalka, en 1965, entreprend un travail fondamental, un programme sur toute sa vie : OPALKA1965/1-∞
  • Ce projet se traduit dans un processus de travail enregistrant une progression qui est à la fois un document sur le temps et sa définition.
C’est donc cette année là que Roman Opalka entreprit son premier « détail », il inscrit une progression numérique élémentaire de 1 à l’infini, sur des toiles de même dimension : 196 sur 135 centimètres. Il note cette suite numérique à la main avec un pinceau trempé dans de la peinture blanche, sur des toiles qui reçoivent depuis 1972 chaque fois 1% de blanc supplémentaire.
« Arrivera le moment où je peindrai blanc sur blanc. »
Depuis 2008, Roman Opalka peint en blanc sur un fond blanc, il appelle ça « le blanc mérité ».
En accompagnement de cette série numérique sur toile, Opalka prend chaque jour son visage en photographie en noir et blanc. Et il y ajoute un enregistrement sur bande magnétique de sa voix prononçant les nombres, en polonais, pendant qu’il les inscrits.

« J’engage mon corps, pour la durée de mon existence, dans la poursuite de cette aventure extrême »
Roman Opalka a également réalisé ce qu’il appelle des « cartes de voyage », continuation sur papier du décompte peint. Le format ordinaire (A4), est celui des blocs de papiers à lettes. L’outil est une plume pour rapidographe, numéro 02, qui fonctionne avec de l’encre de chine. Il s’organisait pour ne partir que quand une toile était terminée, afin de pouvoir continuer la suite de son œuvre sur papier. La toile suivante ne reprenant qu'à partir du dernier nombre du dernier Détail "Carte de voyage" réalisé.
« En 1965, j’ai défini un concept concernant l’image du temps irréversible de la durée d’une existence, durée visualisée par la suite des nombres de 1 à l’infini que je peins depuis. Dans la progression de mes Détails: 1, 22, 333, 4444 appartiennent au début de la première œuvre. Mais pour atteindre 666666, il m’a fallu sept ans de travail après le 55555. Arrivé à 666666 (six fois le chiffre 6), je me posai la question: « combien de temps, me faut-il, pour atteindre le 7777777 (sept fois le chiffre 7, sept million sept cent septante sept mille sept cent septante sept) ? Je croyais que, si tout allait bien, après trente ans environ, je parviendrais à cette étape. J’avais tort. Envisageant l’hypothèse du temps d’une existence moyenne tout entière occupée à ce type de comptage peint et dès la naissance, personne jamais ne parviendrait au nombre vertigineux: 88888888 (huit fois le chiffre 8) si ce n’est après plusieurs siècle. L’octogone : projet architectural j’ai pensé à l'espace d'un octogone comme forme à la fois pertinent et symbolique pour la présentation de mon œuvre dans la durée optimale de l’espace-temps d’une existence : 7 toiles de dimensions égales de la taille moyenne d’un adulte de 1m77, les bras écartés, chacune de ces toiles installées sur les 7 murs de l’octogone. Le 8ème côté étant la porte entièrement en verre opaque de couleur blanche la plus neutre possible du sol vers le ciel intégrant la porte. Toutes les structures métalliques doivent être les moins visibles possibles afin de donner l’aspect le plus minimal à cette huitième surface. La toile la plus foncée possible (la plus ancienne disponible) à gauche en entrant. La plus claire (la plus récente) à droite de cette même porte. Ces deux pôles définissent l’image de ce que j’appelle Rencontre par la séparation. »
Roman Opalka

Le 06 août 2011 Roman Opalka a achevé son oeuvre:
"Le fini défini par le non fini"

https://www.youtube.com/watch?v=p5I0rDF_xpQ

  • Exposition
« Scènes de la séduction », Rencontres d'Arles, 1998
« OPALKA 1965/1-∞», Autoportraits, Gallery La Jolla, (Californie, États-Unis, 2002).
« OPALKA 1965/1-∞ », Grande Rétrospective « Roman Opałka », Lindenau Museum (Altenburg, Allemagne, 2002).
L’œuvre photographique, Commissaire Alain Julien-Laferrière, Rencontres d'Arles, France, 2003.
Installation, Commisssaire Morgane Rousseau Château de Bionnay 2005
« OCTOGONE », Musée d'art moderne de Saint-Étienne Métropole (18 mai - 23 juillet 2006).
« OPALKA 1965/1-∞ », "Passages", Yvon Lambert (Paris, New York, 2010).
« OPALKA 1965/1-∞ », Exposition Roman Opałka, au CIAM La Fabrique, (Toulouse, France, avril-juin 2012).