ERIK SATIE



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« Tout le monde vous dira que je ne suis pas un musicien. C'est juste. »

Erik Satie.



BIOGRAPHIE

Erik Satie est né le 17 mai 1866 à Honfleur (Basse-Normandie) et decédé le 1 juillet 1925 à l'âge de 59 ans. Sa mère Jane Leslie Anton était d'origine écossaise et son père, Alfred Satie était un courtier maritime normand. Il fût baptisé à sa naissance dans la religion anglicane. C'est après la mort de sa mère en 1871 qu'il reçut ses premières leçons de musique venant de l’organiste de l’Eglise Saint Léonard de Honfleur en Normandie.

JEUNESSE

A l’âge de douze ans Erik Satie suit son père à Paris qui se remariera avec la pianiste et compositrice Eugénie Bametche. Eugénie enseignera à Erik les rudiments du Piano et le fera hair la musique et le conservatoire. Pourtant fréquentera par la suite le Conservatoire national de musique et de déclamation de 1879 à 1886. Cette entrée au concervatoire est décevante, en effet ses professeurs ne lui trouvent aucun talent et décident de le renvoyer deux après son arrivée avant de le réintegrer en 1885. C'est cette même année qu'il composera Allegro, une musique pour piano qui lui vaudra des remarques positives. Mais n'ayant pas de réelles affinités avec ses professeurs et ne parvenant pas à les impressionner d'avantage, il se portera volontaire pour le service militaire. Quelques semaines plus tard, constatant que l'armée n'est pas faite pour lui, il contracte volontairement une congestion pulmonaire en s'exposant à demi nu dans la nuit glaciale et se fait donc réformer.

CARRIERE

En 1887 son père Alfred Satie, qui s’est improvisé entre temps éditeur de musique, publie ses premières mélodies. Il quitte néanmoins peu après sa famille pour s’installer au pied de Montmartre où il fréquente assidûment le Chat Noir. Ses partitions ne comportent aucune barre de mesure, caractéristiques qu'il continuera d'utiliser dans ses autres compositions. Il développe très vite son propre style d'annotation.

En 1888, il compose trois Gymnopédies qui seront orchestrées par Claude Debussy, et qui restent ses œuvres les plus jouées à ce jour. En 1891, le Sâr Péladan, Grand Maître de la Rose-Croix, le nomme “maître de chapelle” de son Ordre. Pendant qu'il détient ce titre, il compose plusieurs œuvres pour les Soirées de la Rose-Croix qui auront lieu dans le cadre d’une exposition de poésie symboliste à la Galerie Durand-Ruel (les Sonneries de la Rose-Croix, le Fils des Etoiles … ).

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Quelques mois plus tard il compose en collaboration avec le poète J.P. Contamine de Latour le ballet chrétien Uspud, qui fera l’objet d’une édition illustrée par un portrait des deux auteurs, dessiné par Suzanne Valadon. En 1893, il a une brève mais très intense liaison avec cette dernière. Il compose Danses gothiquesainsi qu’une partition minuscule, Vexations, destinée à être jouée plusieurs fois de suite, c’est-à-dire, selon le tempo choisi, de 12 à 24 heures environ. Découverte longtemps après sa mort par John Cage, Vexations donnera lieu à d’innombrables marathons pianistiques dans le monde entier.
Il enrichit désormais ses partitions d’indications “personnalisées” qui surprendront par leur poésie et leur fantaisie.

Après sa séparation de Suzanne Valadon, il fonde « L’Église métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur », destinée à combattre la société par les moyens de la musique et de la peinture. En tant que chef de cette église (dont il restera le seul adepte), il lance des anathèmes contre les personnalités les plus en vue du Tout Paris. Il compose une Messe des Pauvres pour les cérémonies de son église qui ne pourraient d’autre part avoir lieu que dans l’exigu “Placard” qu’il est réduit désormais à habiter au 6 rue Cortot.

Quelques années plus tard, il y fera son apprentissage politique, s’inscrivant d’abord au parti radical-socialiste, puis après l’assassinat de Jaurès – à la S.F.I.O. Enfin, après le Congrès de Tours, il adhèrera au parti communiste. Il veillera aussi aux loisirs des enfants défavorisés de la commune, en leur donnant des cours de solfège et en les amenant en promenade, les jours fériés.

En 1903, il fait le point sur sa production des dernières années, en composant avec des fonds de tiroir, Trois Morceaux en forme de poire. Ce titre insolite fera beaucoup, en bien et en mal, pour sa notoriété. En 1905 il décide de recommencer sa vie à zéro, même musicalement. Aussi, il retourne sur les bancs de l’école pour étudier le contrepoint. Trois ans plus tard, il obtiendra à la Schola Cantorum son premier diplôme avec mention “Très bien”.

Redécouvert au début des années 1910 par Maurice Ravel qui le présente comme le “précurseur” de la nouvelle musique (dans le but inavoué de diminuer le prestige de son rival Debussy), il trouve enfin des éditeurs et des interprètes pour ses œuvres de jeunesse, mais aussi pour celles d’un tout autre style, humoristique et fantasque.
La Grande Guerre interrompt cette époque heureuse, jusqu’à ce jour de 1916 où il est redécouvert par Jean Cocteau qui l’entraîne dans la composition d’un ballet, Parade, avec décors et costumes de Picasso, qui sera donné par les Ballets Russes au Châtelet, suscitant un grand “succès de scandale”.

Malgré la forte critique il reçoit le soutien des nouvelles générations. Des musiciens inconnus, mais très prometteurs, s'intéresseront et s'inspireront de son esthétique, formant sous son égide le groupe des Nouveaux Jeunes, le Groupe des Six, l’École d’Arcueil. Satie surprendra cependant encore une fois tout le monde en composant un émouvant “drame symphonique”, Socrate, d’après les Dialogues de Platon.

Il composera encore deux ballets retentissants : Mercure, avec Picasso, et Relâche, avec le dadaïste Picabia, ainsi que la première musique de film, basée, non pas sur l’intrigue mais sur le rythme et la fréquence des images, pour Entr’acte de René Clair, avant de s’éteindre, le 1er juillet 1925, à l’âge de 59 ans, après avoir longtemps lutté contre une maladie.




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ŒUVRES


Pour piano


Vocales


Pour orchestre


Écrits

  •  Écrits, éditions Champ libre, Paris, 1977
    • Éric Satie, Vincent Lajoinie, édition L'Âge d'Homme, 1985
    • Gymnopédies, Erik Satie, 1888
    • Erik Satie, Jean-Pierre Armengaud, Fayard, 2009
    • Au piano avec Erik Satie, Jean-Joël Barbier, édition Séguier, 2006

SOURCES