Sebastien VITRÉ




Sebastien Vitré est né en 1975 à Philadelphie et vit à Montpellier.


EXPOSITIONS PERSONNELLES




  •  2006 Sentence Espace Ste-Croix, Loudun

  •  2005 Vidéo meliora proboque, deterio sequor (Ovide métamorphose,VII 20)


EXPOSITIONS COLLECTIVES



  •  2007 Sine nomine vulgus, Georges Boulard & Sébastien Vitré, Iconoscope, Montpellier MZ galerie, Paris

  •  2001 Institut français, comissariat Jean louis Froment,Casablanca


OEUVRES


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WORKSHOPS



  •  2004 Flux Factoty en affiliation avec Q.S.A.C.encadrant l’autisme Queens NYC

  •  2003 Mémoire organique, création avec Flux factory avec Q.S.A.C.

  •  2001 IFC/3 sous la direction de Jean-Louis Froment et Marc Augé, Marrakech



DIVERS



  •  2001 Sonorisation du film L’opinion publique, Charlie Chaplin (1923, 77mn)

  •  2000 Sonorisation du film Métropolis, Fritz Lang (Cinéma Diagonal- Montpellier et l’association Bande Annonce) Concert Unqualified électricians pour Les Multiprises avec l’association Projeks (musique expérimentale électro acoustique)

lien: http://www.iconoscope.fr/main.html


LEUR TRAVAIL EN COMMUN



Iconoscope



"Sine nomine vulgus" Georges Boulard & Sébastien Vitré

Les XX et XXI siècles sont contemporains de l’explosion de l’image et du son reproduits Georges Boulard & Sébastien Vitré instaurent depuis 2005 un dialogue pictural autour de cette notion en essayant d’identifier une foule anonyme qu’il nomme Manherd (troupeau humain). Ils constituent une banque d’images issues de l’histoire classique de la peinture en passant par l’image d’Épinal, la bande dessinée ou l'image publicitaire. Sur un même support, tous les outils de reproduction permettent à ces deux artistes de modifier ces images devenues des icônes. L’efficacité des moyens de reproduction sensés donner une image fidèle, lisse, de ce qu’ils reproduisent, se voit perturbée par le geste. L’image dans le processus de reproduction (calque, carbone, transfert …) va perdre de son intégrité et s’enrichir de signes et de sens imprévus. Elle devient alors matière première. Les images et les mots deviennent des formes élémentaires dans la composition, semblables aux hommes dans une foule. Ils vont s’accumuler, s’imbriquer, se côtoyer, se superposer, s’opposer, s’annuler, s’influencer. Dans cet espace, Georges Boulard et Sébastien Vitré vont tenter de dessiner des liens, de constituer la trame de ces deux multitudes. Un véritable crossing over (enjambement) s’établit entre les images et le langage déconstruits avec sa part de hasard, de choix, de sens et d’irrationalité. Alors une cartographie imaginaire apparaît faite d’espaces sidérés rassemblés dans un même intervalle de temps et d’espace, venant impressionner l’œil du spectateur pareils à des flashs visuels à forte résonance onirique.


Synestésie



« Synesthésie » fait se corréler dans un même lieu, audio, vidéo, dessin et peinture, des pièces inédites créées par Sébastien Vitré pour son exposition dans notre boutique de Montpellier. Vernissage vendredi 25 novembre, 18h-21h.
Sébastien Vitré travaille autour de l’originel et son double.
Il collabore aussi, depuis 2005, avec Georges Boulard sur une réflexion autour de la masse humaine : l’idée étant de dresser le portrait de ce qui par nature n’a pas de visage, pas de forme définie, la foule (Série  ManHerd).
Les images collectées viennent s’ajouter et non remplacer les anciennes et sont traitées manuellement (calques, croquis, photocopies…) mais aussi d’une façon plus « mécanique » (scans, camera, logiciels de traitement de l’image, projections…). Les sources visuelles, musicales, bibliographiques sont variées, débordant le champ de l’Histoire de l’Art. Elles sont passées au laminoir du dessin et mises en forme à la main.
Parallèlement, Sébastien Vitré réalise une fresque murale au Salon du dessin de Montpellier (21 au 27 novembre 2011, Ste Anne), il participe à une exposition collective à la Galerie Iconoscope et expose des dessins personnels à la Linette Galerie (15 novembre – 15 décembre 2011).
agnès b. 14 rue Foch 34000 Montpellier


"Notopia"



Espace dʼutopies précaires, Manherd sʼaffiche comme un titre programmateur pour ses auteurs Georges Boulard et Sébastien Vitré. Sans contour défini, Manherd sʼapparente au Golem, chaos devenu chair, en passe de deve- nir et se renouvelant sans cesse. Esthétique post-pop, tension entre éléments triviaux et sérieux comprenant les formes les plus nobles comme les plus basses, stratégie de mixage, actualisent la vanité de lʼunivers du consu- mérisme et de la duplication. A ce jeu cruel et jouissif, lʼénergie du travail libérée dans les différents dessins et peintures engendre une altérité folle, belle, laide ou effrayante, manifestation de forces à lʼœuvre en lʼhomme. Bien que fantasmatique, Boulard et Vitré font état dʼune réalité existentielle commune au caractère chaotique, dont la violence primitive restitue à lʼhomme son histoire, une écriture du désastre abordée avec un humour grin- çant. Le passé occupé par lʼutopie du présent perd sa spécificité, échappe à la mesure de la raison. Lʼambiva- lence des multiples figurations fait écho au fond abyssal qui nous précède, et pourquoi pas à ce qui fait présage. Ces œuvres fonctionnent comme des surfaces de stockages, palimpsestes gorgés dʼéléments anachroniques. La somme de ce qui vient sʼy inscrire par superposition, transfert, calque, empreinte, repentir, est issue dʼune banque dʼimages collectées ou produites empruntant aussi bien à lʼhistoire de lʼart quʼà la publicité, aux comics, ou aux livres scolaires, et sʼalimentant autant de mythologie, de littérature, de faits divers que de science-fiction. Dans une profusion frénétique et jubilatoire, le dessin sʼhystérise. Emportée loin du paradis de la contemplation, la foule envahit le temple. Bondée de gens se déplaçant dans toutes les directions, Notopia surgit des profon- deurs de la terre et cherche à sʼériger jusquʼà lʼespace céleste. Manherd est un humus dʼoù fument les dépouilles et qui porte les espoirs dʼune vie renouvelée. Ce corps peuplé dʼinnombrables et fantastiques miroirs, renvoie au- tant au groupe quʼà lʼindividu, autant à une conscience collective savamment orchestrée quoique fatalement im- maîtrisable, quʼà lʼinconscient de chacun, totalité de signification nouée et ordonnée à sa propre ouverture, scandaleuse profondeur parlante propice au travail errant du sens. Lʼimage psychique est reliée à quelques véri- tés universelles. Une mythologie sʼélabore venant assurer une certaine cohérence entre ces images et ces récits fragmentés aux hypothèses contradictoires et aux significations obscures. Léda côtoie Superman, le Christ ren- contre Napoléon, Donald cannibale fait sourire Bouddha, et Hulk en maître du monde incarne The green ma- chine. Entre transparence et inquiétude des apparences, entre désir et angoisse, entre plein et vide, Boulard etVitré tyrannisent la représentation. Dans leur agora, le murmure géant devient images, les ratages se répètent, les sources jaillissantes de reflets se multiplient. Autant dʼœuvres qui nous invitent à poser un regard introspectif sur le commun, la culture mondiale, mais aussi à être devineur dʼénigmes et rédempteur du hasard.

Céline Mélissent, juillet 2009