STEVE REICH


image steve_reich_613.jpg (19.0kB)



SON PARCOURS


  • Sa vie d’artiste

Steve Reich était quelqu’un de simple et de modeste, il lui est même déjà arrivé de se présenter à un concert vêtu d’un simple t-shirt blanc et d’une casquette de baseball.
Ce compositeur américain licencié en philosophie est né le 3 octobre 1936 à New-York dans une famille juive de classe moyenne, il y passe son enfance ainsi qu’en Californie.
Il apprend d’abord le piano puis choisi la percussion après avoir entendu Kenny Clarke jouer de la batterie. Il étudie l’art de la composition avec le jazzman Hall Overton ainsi qu’à la Julliard School, au Mills College et à l’université Cornell.
En 1966 il créé Steve Reich and Musicians, son propre ensemble.
Le compositeur fréquente le San Francisco Tape Music Center et y compose ses premières œuvres pour bandes magnétiques.

  • Ses influences musicales

C’est à l’âge de quatorze ans que Steve Reich découvre le be-bop (jazz), il était déjà batteur à cette époque.
Reich, qui a une attirance pour les musiques populaires et le jazz, a également un penchant pour les musiques dites « savantes » du vingtième siècle ; mais aussi pour Bach qu’il considère comme un géni, il compare même sa technique à celle des jazzmen.
En 1953, Steve Reich étudie l’histoire de la musique qui avait William Austin à son programme, ce dernier constituera une influence dans ses choix musicaux.
A cette époque, c’est la mode de la musique sérielle, et Reich a en horreur ce style (même s’il s’est déjà essayé à ce style), c’est pourquoi La Monte Young apparaît comme une alternative à cette musique qu’il ne juge pas assez harmonique, ce groupe a donc influencé le style du compositeur.



C’est par l’étude de Berio que Reich va plus loin dans son attirance pour la tonalité et le rythme, mais aussi le travail sur le matériau vocal avec « Thema : Ommagio a Joyce », une inspiration pour son étude de la voix parlée.
Mais c’est surtout Coltrane, un saxophoniste et compositeur de jazz modal, qui constitue sa plus grande influence à l’époque où il étudie à la San Francisco Music Tape Center, mais cela prend fin en 1965, après qu’il l’ait écouté à un de ses concert et désapprouvé son style atonal pour lequel il éprouve une totale aversion.
En 1964, alors que Reich expérimente le « phasing » (vient de la notion de déphasage entre deux ondes), il fait « la » rencontre, celle qui le mènera à la collaboration sur In C, celle avec Terry Riley avec qui il a de nombreuses affinités musicales.



En 1965, il adopte la bande magnétique avec son titre « It’s gonna rain », une technique basée sur les boucles et qui va donc déterminer son style.
Ensuite, Reich s’intéresse aux artistes plasticiens et en 1968 il créé « Pendulum Music » avec le peintre William Wylie, un genre de sculpture sonore.
C’est vers l’âge de 30 ans que le compositeur se met au yoga et à la méditation transcendantale bouddhiste, et cet attrait pour l’« exotisme » le mène à l’étude des percussions africaines en 1970, de là il compose « Drumming » et atteint un nouveau stade dans la technique du « phasing » et pour la première fois des silences apparaissent à la place de battements. Cette étude de la musique africaine vient confirmer son idée selon laquelle les instruments acoustiques sont plus enclins à créer une musique plus riche en sonorités que les instruments électroniques.
Résulte de ces goûts « Piano Phase », ici, Reich ajoute aux déphasages la technique de hoquet et les silences sont remplacés par des pulsations.
La rusticité des sonorités africaines (comme de simples claquements de mains) lui inspirent Clapping Music (1972).



Peu de temps après, l’artiste s’intéresse à la musique indonésienne et cela se traduira par une plus grande importance laissée à l’harmonie.
1974 marque un tournant dans l’évolution musicale de Reich, en effet c’est l’époque où il rencontre sa femme Beryl Korot, avec qui il réapprend le judaïsme. C’est là que Reich montre une envie de composer autour de textes bibliques et de musiques anciennes religieuses, il en sort des titres comme Tehilim ou encore Proverb.
Finalement, sa musique se distingue de plus en plus du minimalisme et Reich adopte la notion de « portrait musical » avec notamment une œuvre : « City Life », où deux claviers jouent des fragments de paroles et des bruits urbains.



De 1998 à 2002, Reich semble préoccupé par les avancés scientifiques et technologiques, c’est donc influencé par celles-ci qu’il crée « Three Tales », un opéra-vidéo qui dénonce la suprématie technologique.

SON STYLE MUSICAL


Alors que Reich est considéré comme un des pères du minimalisme, il le réfute car il considère que le minimalisme manque de concepts solides.
A son époque on utilisait de plus en plus de sons électroniques, lui, préférait les sonorités acoustiques, plus naturelles. Il s’intéresse aussi beaucoup au matériel vocal.
Contrairement à d’autres artistes comme Schönberg, qu’il accuse d’avoir séparé le savant du peuple, Reich veut que sa musique soit accessible par tous.
Mais parlons plus concrètement de son style, le « déphasage » qu’il a créé avec Riley. Cette technique part du concept de canon, en effet il s’agit de commencer avec un motif musical simple, court, clair et après un certain nombre de répétitions, celui-ci se décompose (comme un canon) et par la suite il revient au motif de départ.
Par exemple, on peut prendre deux bandes son distinctes contenants un même motif musical simple ; après un certain nombre de répétitions de ce motif, on ralentit une des deux bandes, ce qui créé de nouvelles variations ; enfin on ramène les deux bandes au même tempo.
Reich tient particulièrement au concept de l’économie de moyens, ce qui se transcrit dans son style musical « épuré ».



Pour ce qui s’agit des samples dans ses compositions, Reich voit cela comme une « vieille tradition de la musique classique de citer d’autres œuvres », une sorte d’hommage.
Dans son ouvrage « La Musique comme processus graduel » il écrit qu’il « défend l’idée fondamentale d’un processus parfaitement audible se déroulant sur une longue période de temps et qui une fois installé et chargé, fonctionne de lui-même à la manière d’un sablier que l’on retourne et dont on observe le sable s’écouler. »

COMMENT SA MUSIQUE EST-ELLE RECUE ?


Ce qui est étonnant avec les compositions de Steve Reich, c’est qu’elles ont réussi à toucher un public très étendu, dépassant les amateurs des amateurs de musique contemporaine.
Mais son style basé sur des répétitions qui se transforment sans cesse font perdre le concept du temps et de la durée au public, cela en devient presque obsessionnel.
D’ailleurs, sur la page Wikipedia de « Four Organs » il est écrit qu’une des performances provoqua presque une émeute avec « des cris pour que la musique s’arrête, mélangés à des applaudissements pour que la pièce finisse le plus vite possible» un des musicien se rappelle même qu’ : « une femme a descendu l’allée et a cogné sa tête à plusieurs reprises sur le devant de la scène, et se lamentait en disant : « arrêtez, arrêtez ! »



LES ARTISTES QU’IL A INFLUENCE


L’influence de Steve Reich se constate chez de nombreux artistes comme Bon Iver, Sonic Youth, King Crimson, Tangerine Dream, the Orb, etc. Mais aussi à l’écran avec par exemple la bande-son de « American Beauty ». Il y a aussi le morceau « Steve Reich » de Godspeed ou encore « Reich: Remixed » de Four Tet.



John Cage pense de Reich que c’est un : « Compositeur et « performer », Steve Reich est, avec La Monte Young, Terry Riley ou encore Philip Glass, l’un des représentants les plus marquants de la nouvelle musique américaine».

OEUVRE CELEBRE


Si sa pulsation stable et son énergie rythmique l'apparentent à nombre de ses premières œuvres, son instrumentation, son harmonie et sa structure sont nouvelles. Partition minimaliste devenue un incontournable du genre, Music for 18 musicians de Steve Reich, communément appelée “18”, a été composée entre 1974 et 1976. Il s’agit de l’une des pièces les plus ambitieuses du compositeur. Elle convoque, comme son nom l’indique, 18 musiciens.Tous les instruments sont acoustiques : l'usage de l'électronique est limité aux microphones pour la voix ainsi que pour certains instruments. L’effectif est des plus surprenants, réunissant trois sopranos, une contralto, deux clarinettes, une clarinette basse, trois marimbas, deux xylophones, un vibraphone, quatre pianos, un violon et un violoncelle. La pièce, qui dure une heure environ, est construite sur un cycle de onze accords, engendrant une écriture envoûtante.




MUSICOGRAPHIE


 1961 : Music for String Orchestra
 1963: Four Pieces
 1963: Pitch Charts
 1963: The Plastic Haircut
 1963 : Ubu Roi
 1964 : Oh Dem Watermelons
 1964: Music for Two or More Pianos
 1965: It's Gonna Rain
 1966: Come Out
 1966: Melodica
 1966: Reed Phase
 1967: Piano Phase
 1967: Violin Phase
 1967: My Name Is
 1968: Pendulum Music
 1969: Pulse Music
 1969: Four Log Drums
 1970: Four Organs
 1970: Phase Patterns
 1971: Drumming
 1972: Clapping Music
 1973: Music for Pieces of Wood
 1973: Music for Mallet Instruments, Voices, and Organ
 1973 : Six Pianos
 1976: Music for 18 Musicians
 1978: Music for a Large Ensemble
 1979: Variations for Winds, Strings and Keyboards
 1979 : Octet
 1979 : Eight Lines
 1981: Tehillim
 1982: Vermont Counterpoint
 1984: The Desert Music
 1985: Sextet
 1985: New York Counterpoint
 1986: Six Marimbas
 1986: Three Movements
 1987: Electric Counterpoint
 1987: The Four Sections
 1988: Different Trains
 1990: The Cave
 1993: Duet
 1993: Typing Music
 1994: Nagoya Marimbas
 1995: City Life
 1995: Proverb
 1998: Triple Quartet
 1999: Know What Is Above You
 2000: Electric Guitar Phase
 2000: Tokyo/Vermont Counterpoint
 2002: Three Tales
 2002: Dance Patterns
 2003: Cello Counterpoint
 2004: You Are (Variations)
 2005: Variations for Vibes, Pianos, and Strings
 2006 : Daniel Variations
 2008 : Double Sextet
 2009 : 2×5
 2009 : Mallet Quartet
 2011 : WTC 9/11
 2011: Piano Counterpoint
 2013: Radio Rewrite
 2014: Quartet

BIBLIOGRAPHIE


Steve Reich, “Writings About Music”, The Press of the Nova Scotia College of Art and Design, ‎ 1974.
Steve Reich, « Écrits et entretiens sur la musique », éditions Bourgois, ‎ 1981
Steve Reich, “Writings on Music 1965-2000”, Oxford University Press, ‎ 2002

RECOMPENSES


1986 : Bessie Award avec Sextet et Impact.
1990 : Grammy Award avec Different Trains
1994 : entre dans l'American Academy of Arts and Letters
1995 : entre dans l'Académie des Arts de Bavière
1999 : Grammy Award avec Music for 18 Musicians
1999 : il devient commandeur de l’Ordre des Arts et Lettres.
2000 : Schuman Prize
2006 : Praemium Imperiale
2006 : entre dans l'Académie Franz Liszt de Budapest.
2007 : prix Polar Music
2009 : prix Pulitzer avec Double Sextet

SOURCES


http://www.stevereich.com/
http://www.cdmc.asso.fr/fr/ressources/compositeurs/biographies/reich-steve-1936
http://oscar.chez.com/reich/
http://www.ac-grenoble.fr/college/frontenex/file/enseignement/HistoiredesArts/documents/HDA-SteveReich-DifferentTrains.pdf
http://theorangepress.net/2012/07/steve-reich-a-celebration/
http://www.francemusique.fr/personne/steve-reich
http://jeannoel.roueste.free.fr/techno/interviews/reich/reich.html
http://ressources.marseille-objectif-danse.org/?page=mod_cinema&id_article=817