Suzanne LAFONT


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Suzanne Lafont s’intéresse aux arts plastiques et à la photographie à la suite d’études littéraires et philosophiques. En particulier un travail universitaire sur les conventions chez Flaubert l’amène à une réflexion sur les citations dans le Pop art et le caractère de poncifs qu’acquièrent certaines images, fondant une culture populaire.
C’est pourquoi l’appareil photographique chez elle ne sert pas à enregistrer des faits, dans un idéal scientifique d’objectivité, mais révèle les images comme issues d’un processus de fabrication et d’élaboration culturelle. Son travail procède par séries pour donner à voir ce processus.

Dans sa première série, réalisée en 1984 sur un site industriel abandonné, l’artiste photographe joue sur l’organisation structurelle de l’image grâce à des vues de charpentes en contre-plongée.
À partir de 1989, avec des amis qui posent pour elle, elle s’attache à la réalisation de portraits monumentaux qui présentent des archétypes d’action plutôt que des personnages singuliers, dans un sens proche de la tragédie grecque. Mais à la différence de celle-ci, il s’agit toujours d’actions simples ou de gestes apparemment anodins, comme souffler ou se boucher les oreilles, que ses photographies figent dans le temps pour mieux les observer.

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Plus récemment, elle développe l’aspect fictionnel de son travail en proposant des mises en scène plus complexes et des confrontations d’images plus élaborées encore, comme en témoignent les photographies du Musée.
Avec l’une de ses dernières œuvres, Annonce (d’après une inscription relevée par Swift sur une baraque foraine), série d’affiches produites en 2003 pour le FRAC Ile-de-France, l’image devient le lieu d’un illusionnisme assumé. Le plaisir que procure cette œuvre - une souris géante invite à voir « le plus grand éléphant du monde à l’exception de lui-même » - naît de la reconnaissance du potentiel ludique de l’illusion.