• Valerie PAVIA





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BIOGRAPHIE



Née à Montpellier en 1970, elle et travaille aujourd'hui à Paris. Après une maîtrise de droit et un DEA en arts du spectacle, elle se consacre à la vidéo dès 1993. Elle a réalisé depuis plusieurs dizaines de films et obtenu des prix dont le prix Premier Geste du Festival "Les Ecrans Documentaires", édition 2003.


  • Caméra toujours à portée d'œil, Valérie Pavia construit son œuvre au fil de ses voyages et de ses rencontres. Elle filme un jeu entre amis, le week-end d'un pompier motomaniaque, une balade dans Paris, ou se met en scène, selon l'envie, le besoin. Si elle considère sa caméra comme un « stylo », c'est moins pour revendiquer la singularité d'une écriture que pour souligner l'immédiateté de la prise de vue, pareille à une prise de notes ( elle désigne elle même certaines de ses vidéos du nom d'esquisse.
En cela, son attitude peut rappeler une tradition plus propre à la photographie, où il sagit de saisir un « instant décisif, moment d'accord et d'harmonie entre les éléments du quotidien. Telle traque exige de la part de l'homme à la caméra une tension constante, afin d'extraire de la ville qu'il parcours une situation révélatrice. Cependant, les vidéos de V.Pavia ne mettent pas en avant de si belles occasions, intense conjonction de signes; au contraire s'est souvent le hasard comme manque de sens d'autant plus saisissant, qui transparait. Prise dans le cours des choses, elle laisse sa caméra suivre le flot d'un discours, quand bien même celui ci est sous le signe de la dépression.

Des autoportraits, ou de l'insignifiante, souvenirs d'enfances, anecdotes. Ainsi qu'elle le raconte souvent, les images du portrait d'une ville ont été prises alors qu'elles se trouvaient à Sofia en « vacances » forcée, à la suite de l'arrêt d'un tournage sur lequel elle partait travailler.
Ni touristes ni flâneuses, elle erre dans les rues, sans rien faire ( les plans qu'elle tourne alors seront d'ailleurs inutilisables tels quel, le caméscope ayant mal supporté le froid). Néanmoins, cette posture n'est pas passive et demande une attention autre, décalée, à ce qui affleure dans le monde ordinaire; aussi ses films ont d'autant plus de force lorsqu'ils se heurtent à la réalité des espaces publiques. Dans "Sofia", dans les flux bleutés des rushes re-filmées, débris de statues soviétiques, cérémonies orthodoxes, files de passants s'enchainent sans imposer un sens univoque.
Un plan s'arrête sur un groupe d'hommes attroupés en pleine rue autour d'un jeu d'échecs. Un zoom arrière montre alors, derrières ses figures de vieux sages, une enseigne de mc Donald; la présence de fast food à cependant déjà été visible, au détours d'un plan précédant. Ainsi, sans tomber dans la dénonciation rhétorique, par une sorte de gag visuel, Valérie Pavia pointe des décalages au sein d'un monde ordinaire.
Ailleurs, cette attitude ne va pas sans créer de troubles: la juste distance cède la place à une gène sensible, lorsqu'elle recueille les propos de proches ou d'inconnus, cadrés de travers, sans recherche de grâce.

  • Enfin, le refus de l'accord visuel autorise le ratage à prendre forme; et c'est le choc de l'inattendu qui s'impose brutalement. Dans "Le Marais", 2001, Valérie Pavia filme la nuit un coin de rue anodin, où tourne un homme qui promène son chien. Il s'arrête et tout en regardant la caméra, sans prévenir, baisse son pantalon. La caméra hésite, recule (le plan est assez large) et se surprend à être aussi mal élevé que son sujet, s'essayant à équilibrer le motif de l'exhibitionniste par une fontaine décorée de statuettes de femmes nues... Incroyable mauvaise rencontre, ou l'évidence subite de la misère humaine, est contre balancée par la tranquillité d'un chien, ce moment inopportun se clos avec la volte face de la caméra. Entre stupidité et stupeur, la réalité nous saute au nez dans cette courte vidéo. Valérie P prend en charge le mouvement du monde de la manière la plus déstabilisante qui soit.

FILMS



  • La valse de l'aiguille creuse (1995) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • L'infini des métamorphoses (1995) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Rouja et le petit Bojan (1996) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Lucy et le fantôme de Marcushelmons (1996) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Vidéo esquisse: Berlin (2001) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Vidéo esquisse: Pigalle (2001) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Vidéo esquisse: Moscou (2002) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Enceinte (1997) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Georges 2 (1998) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • C'est bien la société (1999) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • B. Stéphane (2000) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Il était... (1997) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • La vie heureuse (1998) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Sofia (1998) [DVD : VALERIE PAVIA]
  • Le rêve de l'ours (2003) [DVD : VALERIE PAVIA]





BIBLIOGRAPHIE



  •  ROMAN, Mathilde "C'est bien la société, Valérie Pavia, 1999". Art présence n° 48, octobre 2003. p 42-43

  •  PAVIA, Valérie "propos". Plaquette Saison Vidéo n° 22, Mons-en-Baroeul, février 1999.

  •  FARGIER, Jean-Paul "Sous les yeux d'accident". Non publié.

  •  SOUCHEYRE, Gabriel "Valérie, où es-tu, qui es-tu ?". Turbulences vidéo n° 39, avril 2003.

  •  CAVALLARI, Claudio "Voyeurisme et exhibitionnisme dans l'oeuvre de Valérie Pavia". Turbulences vidéo n° 39, avril 2003. p 36-42

  •  THOREL, Benjamin "Entre stupidité et stupeur". Turbulences vidéo n° 39, avril 2003. p 43-45

  •  LIEVRE, Pascal "la poupée qui dit non". Catalogue festival Vidéoformes, mars 2004. p 86-91