Wall

de Chiharu Shiota

capture


Un femme nue couchée sur un fond entièrement blanc, a su elle des dizaines de tuyaux transparents dans lesquels circulent (ou pas) du sang.
Pour le coup, la métaphore la plus évidente quand on voit cette vidéo est celle de la vie qui ne tient qu'à un fil.
Nous avons affaire à une ambiance très médicale, notamment par la neutralité du fond blanc, la nudité de la femme qui semble agoniser (effet obtenu par l'accélération de la vidéo qui "augmente" la vitesse de respiration de la femme), mais surtout avec ces tuyaux, qui ne sont pas sans rappeler ceux des transfusions sanguines et autres perfusions.
Ces tuyaux sont des "fils" qui nous maintiennent en vie. Mais ici, disposés sur le corps et sur le sol par dizaines, ils pourraient aussi, si on ne les considère pas au premier degré, sembler être des veines, des vaisseaux sanguins. L'image serait alors d'autant plus morbide : cette femme serait en totale agonie, en fin de vie, lorsqu'on voit ces veines dont la circulation est faible, partielle, voire inexistante dans certains tuyaux.
Au niveau du son, le larsen, le bruit sourd qui accompagne la vidéo tout du long n'est pas sans rappeler l'univers médical : c'est comme si l'on entendait avec les oreilles de cette femme, qui n'entend plus clairement, car elle est dans un état second, un malaise, un coma, ou bien un réveil d'anesthésie.
L'artiste nous expose face à notre plus grande vulnérabilité. Le film en est presque impersonnel, et paradoxalement d'une abstraction très figurative.