ART CONCEPTUEL

De Daniel Marzona, aux éditions Taschen, 95 pages, 2005


Couverture du livre


Cet ouvrage présente de manière générale et simplifiée l'art conceptuel, mouvement artistique des années 60 et 70.
Structuré et plutôt accessible à lire, il permet en début de lecture de comprendre les origines et les influences de ce mouvement, son processus artistique, ou encore son contexte social. Ces pages sont ponctuées d'images d’œuvres majeures et de citations d'artistes importants, permettant une plus ample compréhension, ainsi qu'en bas de pages quelques dates importantes.
Le reste du livre présente ensuite les artistes capitaux qui ont marqué l'art conceptuel. 35 artistes sont exposés, dans l'ordre alphabétique, bénéficiant chacun de 2 pages en vis-à-vis. Les pages de gauche comprennent une brève biographie de l'artiste, leur portrait photographique, et le titre d'une de leurs œuvres classée dans l'art conceptuel. Les pages de droite, elles, présentent la photo de cette œuvre.

« Dans l'art conceptuel c'est l'idée ou le concept qui compte le plus... tous les projets et toutes les décisions sont antérieures à l'exécution qui reste une chose superficielle. L'idée devient une machine d'art. » Sol LeWitt

Résumé :

Dans les années 60, l'artiste américain Sol LeWitt propose la dénomination « Art conceptuel » pour désigner une pratique artistique qui relègue la réalisation de l'œuvre d'art à l'arrière-plan des considérations esthétiques. En revanche, l'accent y est mis sur le concept ou l'idée qui la sous-tend. Les travaux de facture artisanale sont ainsi relayés par des esquisses, des écrits, voire des instructions qui valent œuvre à part entière. Un aspect important de l'art conceptuel est en fait la dématérialisation de l'œuvre d'art, et, partant, l'accomplissement de l'œuvre dans l'imagination du spectateur, qui en réactualise constamment le concept. Au vu de l'inhérente critique institutionnelle qui le caractérise et par sa remise en question de la conception traditionnelle de l'art, l'art conceptuel revêt une importance d'actualité en tant que modèle alternatif, notamment à une époque marquée par le déferlement incessant d'images et la réanimation de formes d'art réputées conservatrices comme la peinture.

Sommaire :

Idées, systèmes, processus
° La dialectique de la modernité - les premières manifestations d'une approche conceptuelle de l'art
° L'attaque de Marcel Duchamp
° Dada et constructivisme
° L'art des années soixante et la crise du modernisme
° Analyse et jeux de mots
° Systèmes sériels
° Performance, intervention et critique institutionnelle
° L'art conceptuel - hier et aujourd'hui

MARCEL DUCHAMP _ La Boîte-en-valise

VITO ACCONCI _ Association Area
ART & LANGUAGE _ Index 001
MICHAEL ASHER _ Sans titre
JOHN BALDESSARI _ Trying to Photograph a Ball so that it is in the Center of the Picture
ROBERT BARRY _ 29 Pieces as of June 7 1971
BERND ET HILLA BECHER _ Chevalements
MEL BOCHNER _ Measurement Room
ALIGHIERO BOETTI _ Millenovecentosettanta
MARCEL BROODTHAERS _ Musée d'Art Moderne, Département des Aigles
STANLEY BROUWN _ 1 Step + 1 Step
DANIEL BUREN _ Pour
VICTOR BURGIN _ Photograph
HANNE DARBOVEN _ Sans titre
JAN DIBBETS _ Shortest Day at Konrad Fischer's Gallery
HANS-PETER FELDMANN _ Alle Kleider einer Frau
GILBERT & GEORGE _ Singing Sculptures
DAN GRAHAM _ Figurative
HANS HAACKE _ MOMA Poll
JENNY HOLZER _ Die fast and quiet...
DOUGLAS HUEBLER _ Variable Piece No. 70 : 1971 (in Process), Global
STEPHEN KALTENBACH _ ART WORKS
ON KAWARA _ I Got Up
JOSEPH KOSUTH _ A Four Color Sentence
LOUISE LAWLER _ How Many Pictures
SOL LEWITT _ Serial Project No. 1 (ABCD)
GORDON MATTA-CLARK _ Splitting
ANA MENDIETA _ Facial Hair Transplant
BRUCE NAUMAN _ Window or Wall Sign
ROMAN OPALKA _ 1965/1 - ∞ (Detail 1 - 35327)
ADRIAN PIPER _ Catalysis IV
CHARLOTTE POSENENSKE _ Vier verzinkte Elemente Serie D
EDWARD RUSCHA _ Nine Swimming Pools and a Broken Glass
LAWRENCE WEINER _ A SOUND GROWN SOFTER (diminuendo)
IAN WILSON _ Oral Communication, December 12 1970


ANALYSE DU LIVRE

Dans les années 60, l'artiste américain Sol LeWitt propose la dénomination « Art conceptuel » pour désigner une pratique artistique qui relègue la réalisation de l'œuvre d'art à l'arrière-plan des considérations esthétiques. En revanche, l'accent y est mis sur le concept ou l'idée qui la sous-tend. Les travaux de facture artisanale sont ainsi relayés par des esquisses, des écrits, voire des instructions qui valent œuvre à part entière.

Un aspect important de l'art conceptuel est en fait la dématérialisation de l'œuvre d'art, et, partant, l'accomplissement de l'œuvre dans l'imagination du spectateur, qui en actualise constamment le concept. Au vu de l'inhérente critique institutionnelle qui le caractérise et par sa remise en question de la conception traditionnelle de l'art, l'art conceptuel revêt une importance d'actualité en tant que modèle alternatif, notamment à une époque marquée par le déferlement incessant d'images et la réanimation de formes d'art réputées conservatrices comme la peinture.

L'Art conceptuel n'est pas un mouvement structuré, ni même une tendance univoque. Il concerne plutôt des artistes qui ont pour première exigence d'analyser ce qui permet à l'art d'être art, analyse qui elle-même se conduit selon des orientations.Avec l'art conceptuel, on assiste, pour la première fois dans l’histoire de l'art, à une « expression artistique » qui peut en réalité se passer de l'objet.

Daniel Marzona montre dans son livre que les artistes conceptuels privilégient l’idée et sa transposition sur l’objet d’art. Ce mouvement va naître grâce à l’attitude “dadaïste” de Marcel Duchamp qui, en présentant ses ready-made, remet en cause la notion traditionnelle d’oeuvre d’art.

L’art conceptuel se développe en réaction à l’esthétique formelle et décorative de l’art minimaliste et à la toute-puissance de l’objet dans le pop art. Ainsi, l’auteur nous propose de découvrir dans les pages de son livre les oeuvres d’art des plus grands artistes de l’art conceptuel. Nous en citerons cinq qui de par leurs oeuvres ont initiées de nouvelles approches de l’art. Cependant, tous les artistes citées dans le livre sont tout autant de très grands artistes qui ont marqué l’art conceptuel.
ANA MENDIETA

Ana Mendieta est une des artistes les plus bouleversantes des années 1970. Elle avait développé une oeuvre remarquable. Elle est une pionnière du mixe de l’art corporel et du land art. Ses oeuvres interrogeait sur les questions du genre sexuel. Elle est une des héroïnes d’un art féministe.
JOHN BALDESSARI

John Baldessari dit que toute image est manipulatrice. John Baldessari livre au public des œuvres qui éveillent d’innombrables questions. Instinctivement, le spectateur cherche à créer du sens à partir de ce qu’on lui donne à voir. La juxtaposition d’images semble signifier une corrélation, un lien se tissant entre l’une et l’autre. De même que le titre d’une œuvre se rapportent souvent à son contenu, son origine, son esthétique, son message, son dessein. Or, les œuvres de Baldessari semblent résister à toute lecture rapide. Nul ne parvient pas à comprendre pourquoi il choisit de faire se côtoyer ces deux images, ni pour quelle raison il donne à son travail cet intitulé. L’artiste est une sorte de sphinx dont les pièces posent plus d’énigmes qu’elles n’en résolvent. Mais ces interrogations sont autant de dialogues ouverts entre l’art et son public, comme une manière de susciter l’interaction.

ROBERT BARRY

Robert Barry fait partie, avec Douglas Huebler, Lawrence Weiner ou Joseph Kosuth, des artistes fondateurs de l’art conceptuel. Il a participé à plusieurs manifestations internationales de première importance : les documenta 5 (1972) et 7 (1982) et la Biennale de Venise de 1982. En Europe, son travail a été montré lors des principales expositions d’art conceptuel (Op losse schroeven à Amsterdam, When Attitudes Become Form à Bern, Prospect 69 à Düsseldorf, toutes en 1969). L’exposition Light and Dark, The projections of Robert Barry (1967-2012) à la Galerie Yvon Lambert à Paris en décembre 2012-janvier 2013 retrace quarante années de carrière de l’artiste à travers des projections de ses films 16 mm et de ses vidéos.
Ses œuvres sont entrées dans certaines des plus prestigieuses collections publiques d’art contemporain : au Whitney Museum et au MOMA, à New York, au Van Abbemuseum Eindhoven, au Stedelijk Museum d’Amsterdam, ou encore au Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, à Paris.

DOUGLAS HUEBLER

Avant d’adopter une méthode plus conceptuelle de travail, Douglas huebler crée des sculptures minimalistes, montrées à plusieurs reprises dans des expositions très remarquées.Ses oeuvres juxtapose les apsects temporels et les aspects spatiaux d’un évènement réel, deux notions qui d’habitude ne peuvent etre percues que séparement.

IAN WILSON

Les oeuvres de IAN WILSON correspondent à la tendance de la dématérialisation de l’objet d’art. Wilson se concentre sur les possibles implications du mot temps. Le plus souvent à caractère privé, il s’emploie à diriger la conversation sur la question du temps sachant qu’il s'intéresse surtout aux acceptions philosophiques et théoriques inconscientes qui accompagnent l’usage du mot temps. Plus tard, il va remplacer le mot temps par “oral communication” lorsqu’il se rend compte que le parler lui-même est au centre de son travail artistique.Son but consiste à ne plus produire d’objets d’art réservés à un public restreint mais à une forme d’art accessible à tout le monde par le biais de discussions ouvertes. En 1972 aura lieu la première “ Discussion” officiellement annoncée à la John Weber Gallery à New York qui sera suivie de nombreuse discussions dans des musées et galeries.