Thomas Struth

Thomas Struth est un artiste et photographe d’origine Allemande. Il a reçu deux prix de la photographie, le Prix Werner Mantz (1990) et le Prix Spectrum (1997) et a également participé à de nombreux groupes internationaux d’exhibitions comme Documenta IX (1992) et le Venice Biennial (1990).
Récemment (2010-2012), il a organisé une rétrospéctive itinérante majeure qui récapitule son oeuvre au Musée Sarralves, Portugal, au K20 Kunstsammlung Nordhein-Westfalen, Düsseldorf, à la Whitechapel Gallery, Londres et au Kunsthaus Zurich, Suisse.
Il est aujourd’hui considéré comme étant l’un des principaux représentant de la photographie contemporaine Allemande.

Eléments Biographiques

  • Thomas Struth naît en 1954, à Gueldre, une ville d’Allemagne, située dans le district de Düsseldorf. Il grandit dans une famille pas tout a fait artistique puisque sa mère, Gisela Struth, fait de la poterie de céramique, et son père, Heinrich Struth, est le directeur d’une banque.
  • C’est à l’académie publique des beaux-arts de Düsseldorf, où il étudie de 1973 à 1980, qu’il prendra goût à ce milieu de la photographie. En effet, il y étudie tout d’abord la peinture avec Peter Kleemann et Gerhard Richter.
    Et en 1976, il est de plus en plus attiré par la photographie, et s’inscrit, avec seulement trois autre étudiants, Candida Höfer, Axel hütte et Roswitha Ronkholz, au cours de photographie assuré par Bernhard Becher et sa femme Becher Hilla, deux artistes et photographes conceptuels.
  • En 1976, lors d’une exposition étudiante à l’académie, il montre pour la première fois sont travail: une grille composée de quarante-neuf photographies en noir et blanc des rues désertées de Düsseldorf. Il fera aussi des clichés de gratte-ciels.
  • En 1978, il est le premier artiste résident au MoMa PS1 à Long Island.
  • A partir de 1979, il rend visite à un ami, Thomas Schütte, étudiant à l’académie, pour continuer ses clichés sur le paysage urbain. Il va ensuite faire de même dans d’autres villes comme Rome (1984), Edimbourg (1985), Tokyo (1986) et ailleurs.
  • De 1980 à 1982, il effectue son service civil.
  • Au milieu des années 1980, son travail prend une autre dimension quand il choisit de faire des portraits de familles et des clichés de visiteurs de musées ou d’église, suite à sa rencontre avec le psychanalyste Ingo Hartmann. 
  • De 1993 à 1996, il est professeur à l’université des arts et du design de Carlsruhe.
  • En 1990, aux Pays-Bas, il reçoit le Prix Werner Mantz et en 1997, la fondation Lower Saxony lui remet le Prix Spectrum, prix international de photographie.

Le travail photographique de Thomas Struth

La pratique artistique de Thomas Struth est caractérisée par des séries, par exemple, des photos des rues, des portraits, des fleurs, des familles, des musées, des paysages. Ce qui le fit surtout connaitre sont la série sur les rues « Die Architektur der Straßen » et la série « Portraits ».

Les premières photographies de Struth sont des paysages urbains déserts, en noir et blanc qui présentent une symétrie basée au centre, réalisée sans manipulations digitale. Leurs perspectives s’étendent et donnent une impression de profondeur sans fin. Afin de rester fidèle à la lumière de l’aube, présente sur tous ses clichés, il évite les contrastes trop forts de lumière et choisit une teinte qui tire vers le gris, ce qui sert aussi à mettre en valeur la neutralité des scènes.

Il photographiera également des gratte-ciels, en noir et blanc aussi, et s’en servira pour faire ressortir l’idée de la relation qu’ont les gens avec leur environnement moderne, le rapport entre l’homme moderne et ses créations, à la fois celles du passé et celles du présent.

Puis suite à sa rencontre avec un psychanalyste, son travail va prendre une nouvelle dimension avec des séries de portraits de familles dont certains sont en noir et blanc et d’autres en couleur. Ces œuvres illustrent la dynamique sociale présente à l’intérieur d’une photographie fixe. Il fait également des portraits de personnes seules où les êtres photographiés y apparaissent dans une certaine singularité. C’est ainsi un moyen de faire ressortir le côté caché d’une expression, d’un visage, de montrer au spectateur ce qu’il ne voit pas au premier abord sur le visage d’une personne qu’il rencontre.

Portrait de famille

Les Museum Photographs de Thomas Struth

En 1989, il commence à travailler sur sa série la plus connue, « Museum Photographs », dans laquelle il photographie les visiteurs de quelques musées et édifices connus. On y trouve l’Institut d’Art de Chicago, le Musée du Louvre de Paris, l’Academia de Venise et le Panthéon de Rome.

A la fin des années 1980, lorsqu’il quitte Naples et Rome, il étend cette pratique en faisant une série de photographies de visiteurs d’églises. Et à partir de 1998, il étend cette série avec des images prises dans des endroits profane, comme Times Square et le Parc National de Yosemite.


Les premières séries de « Museum Photographs » sont entièrement dédiées à un seul type de musée, celui avec une architecture et une sculpture venant de l’antiquité, comme le fameux Pergamon Altar.

En 2005, il se lance dans une autre série, « Museo del Prado » composée de cinq photographies de visiteurs se regroupant autour des Menines de Velasquez prises au cours d’une seule semaine et présentant un léger décalage de prise de vue,.
A cette même période il produit une seconde série à l’Hermitage de St. Pétersbourg, faite de gros plans de spectateurs qui regardent la même oeuvre. Ici l’oeuvre n’est pas l’objet principal de l’attention, c’est le spectateur. Struth regarde le spectateur regarder et en créant cette impression de mise en abyme du regard, il veut montrer à ceux qui regardent ses photographies, que l’art n’a pas de sens sans la participation du spectateur, c’est le spectateur qui donne tout son sens à l’art, sans spectateur il n’est rien. Il fait ainsi du spectateur un interprète du passé, un rapport au sacré se joue.

Jouer sur les échelles

Sa technique est de jouer sur les échelles, pour montrer que la photographie est révélatrice d’une communauté. Il détourne ainsi le genre des portraits de familles pour en redécouvrir leur essence. Les familles photographiées regardent l’objectif dans une pose immobile. On retrouve ainsi la tradition de se genre tout en lui apportant un décalage. Ce décalage se traduit par le fait que c’est toute la communauté qui s’expose. Chacun a une histoire différente sur son visage et l’espace dans lequel les familles son photographiées est liées au passé de chacune d’elles mais ce qui en ressort de ces clichés est le lien familial matérialisé par la photographie.

En utilisant le grand format, le détail s’agrandit et on s’aperçoit que chaques personnes ou objets photographiés racontent une histoire, chaques recoins cachés détiennent de la lumière. On peut s’apercevoir de cela avec la photographie du géant Times Square qui, au premier abord, focalise l’attention. Puis on constate qu’il y a de la vie autour qui apparaît dans l’ensemble de l’image et qui avait échappé à notre attention, tout d’abord. Par exemple on peut voir un homme qui attend pour traverser la rue. Le marginal devient alors central, c’est la relation entre les deux échelles que souligne le travail de Thomas Struth.

Apprendre à regarder

La pédagogie est l’élément central de ses clichés. Pour lui, le chaos n’est que dans l’oeil de celui qui regarde sans comprendre et il veut donc que les spectateurs apprennent à regarder. C’est donc le but recherché quand il confronte les dimensions surnaturelles des créations humaines aux grandes création de la nature. On peut remarquer ceci sur le cliché d’El Capitan au coeur du Parc National de Yosemite où un homme près de sa voiture, pointe du doigt cet immense bloc de pierre. Le travail de Struth fait ainsi réfléchir sur la place de l’homme.

La perception

La perception est une faculté biophysique qui relie l’action du vivant aux monde et à l’environnement par l’intermédiaire des sens et des idéologies individuelles ou collectives. On distingue des échelles de la perception consciente et la perception inconsciente.

L »il ne fonctionne pas comme un capteur photographique d’appareil numérique. Il est composé de deux systèmes qui relient le monde extérieur avec sa représentation intérieure. La perception visuelle est donc un système d’identification. Il permet d’identifier par exemple, une personne par la comparaison de quelques points critiques et l’impression globale avec les images internes.

La perception constitue une grande partie du travail du photographe Allemand, qui veut que le spectateur de ses œuvres cherche le détail et tente de comprendre quel est le lien qui unit les différents objets du monde pour ainsi apprendre a les connaitre dans leur spécificité. Qu’il s’agisse de paysages urbains désertés ou d’endroits antiques grouillant de monde, il imagine un itinéraire du regard jonglant entre informations et échelles. Il créé aussi un paradoxe entre les villes désertées par ses passants, qui représente le présent, et les édifices antiques envahis par ses visiteurs,qui représentent le passé, pour montrer que la modernité n’a pas tout à fait remplacée l’héritage antique du monde.
Son travail se résume comme une curiosité de la photographie traditionnelle car elle tend à présenter le quotidien comme inhabituel, en exposant ,dans ses clichés, des endroits connus et donc perçus inconsciemment par les passants pour y montrer les traces du développement urbain et ses constructions. 

Les séries de ce photographe posent ainsi des questions essentielles sur la manière conventionnelle de voir et de percevoir des objets, des endroits ou des personnes, en faisant ressortir ce que le quotidien nous empêche de voir, ce qui se trouve sous nos yeux mais qu’on ne perçoit plus inconsciemment. Cependant il est un artiste contesté.

Sources