Brian Jungen

Brian Jungen est un artiste canadien né 1970 à Fort St. John, en Colombie-Britannique. Son père est d’origine Suisse et sa mère est une Dane-zaa, une nation autochtone de Colombie-Britannique. Ses deux parents meurent dans un incendie alors qu’il était encore enfant, il se voit donc confié à ses grands-parents, dans une réserve du centre-ouest canadien.
Jungen dit se souvenir de l’habileté de sa mère à transformer et à adapter des objets à de nouveaux usages, chose qu’il fera lui-même dans sa pratique artistique.

Parcours artistique

Il part s’installer à Vancouver en 1988 et s’inscrit à l’Emily Carr Institute of Art and Design. Il en ressort en 1992 avec son diplôme. Il séjourne par la suite Montréal puis à New York avant de retourner sur ses pas, à Vancouver.
En 1998, il commence à travailler sur ses Prototypes for New Understanding, ses prototypes pour une nouvelle compréhension. Il y travaillera jusqu’en 2005 et c’est en 2002 qu’il reçoit le Sobey Art Award, qui est le plus grand prix pour les jeunes artistes au Canada.
En 2007 son travail est présenté au New Museum of Contemporary Art à New York, l’année suivante à Rotterdam et au Tate Modern de Londres, ainsi qu’au Musée d’Art Contemporain de Montréal et au Vancouver Art Gallery. Ses œuvres sont découvertes en France lors de la Biennale de Lyon.
Jungen a récemment reçu, en 2010, le prix Gershon Iskovitz à la Galerie d’Art de l’Ontario pour sa contribution remarquable aux arts visuels du Canada.

Oeuvre de Brian Jungen

Il fait de sa double culture le fondement principal de sa réflexion artistique. Il confronte la modernité des matériaux utilisés pour ses œuvres à leurs formes, vestiges de civilisation perdue ou squelettes d’animaux en voie d’extinction. Ces matériaux qu’il utilise sont aussi des symboles de la société de consommation actuelle ainsi, Jungen découpe et réutilise les populaires Nike Air Jordan pour recréer des masques cérémoniels aborigènes de la côte nord du Canada. L’artiste crée de nouveaux objets hybrides à partir de matériaux de grande consommation pour recréer des emblèmes des différentes cultures indiennes.


Jungen s’intéresse donc aux tensions qui existent entre la société de consommation actuelle et les cultures et territoire indigènes sur lesquels elle se développe. L’ensemble des œuvres de l’artiste met en valeur le paradoxe qui les constitue, à l’exemple de Cetology qui est un recyclage de chaises de jardin en pastique ré-assemblé pour former un squelette de cétacé. Jungen prend soin de laisser son matériau suffisamment reconnaissable dans ses assemblages. Son travail entre donc dans un contexte sociologique, anthropologique et philosophique car son art se nourrit de l’observation et de la critique de la culture de consommation contemporaine et de son lien avec sa nation d’origine et ses traditions ancestrales.

Avec l’utilisation de différents matériaux, Brian Jungen propose une lecture critique de la modernité et une analyse sociale des produits de grande consommation. Il aborde la sculpture avec un nouveau regard en recréant des objets, des assemblages hétéroclites de différentes époques et de différentes cultures. Ses œuvres nous poussent à remettre en question les valeurs économiques , sociales et culturelles du monde occidental et mettent en lumière un dialogue entre cultures ancestrales et cultures mondiales modernes.

Quelques oeuvres en images

Prototypes for New Understanding, 1998 à 2005
Cetology, 2002
The prince, 2006

Crux (as seen by those who sleep on the surface of the earth under the night sky), créée en 2008, composée de cinq animaux différents :

Eagle
Shark
Le Court, 2004, il s’agit d’un assemblage de tables de couturière et de paniers de basket

Vidéos

Installation de Cetology
Détails de l’oeuvre Cetology

Exposition de l’installation Crux à Sidney en 2008

Mise en place de l’installation Le Court

Sur Le Court

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