Ian Hamilton Finlay

Ian Hamilton Finlay (28 October 1925 – 27 March 2006) est un artiste écossais, écrivain, poète, sculpteur et créateur de jardins. C’est un artiste conceptuel mais lui même se dit plus volontiers poète.

Ses références sont l’antiquité gréco-romaine, la révolution française et le romantisme. Il s’inspire aussi beaucoup de la nature écossaise, du végétal et du minéral.

Né dans les Bahamas en 1925 de parents écossais, Finlay grandit en Écosse. Âgé de 13 ans quand la Deuxième guerre Mondiale est déclarée, il est tout d’abord évacué à la campagne lors de la Deuxième guerre Mondiale, puis s’engage dans l’armée britannique en 1942.

Après la Seconde Guerre Mondiale, il commence à écrire des nouvelles et des poème tout en travaillant comme berger.The sea bed and other stories entre autres, est publié au début des années 60. Il devient également un membre influent du “mouvement international de la poésie concrète”, poésie de peu de mots où la typographie, et la mise en page ont une importance cruciale.

Finlay s’investit également dans la presse: il fonde la Wild Hauthorn Press et un périodique nommé Poor old tired horse.
Plus tard, il composa des poèmes “concrets”, gravés dans la roche et inclus dans un environnement naturel.

Aidé de son épouse, Sue, il crée le célèbre jardin Little Sparta situé prés d’Edinburgh. Il affirme ainsi son identité de sculpteur-poète, entrelaçant les mots, les pierres et les paysages. Son travail est alors largement reconnu et récompensé.

Il voyage peu, mais reste très actif, diversifiant ses activités, touchant à tous les domaines. Il a entre autre fabriqué et exposé une série de jouets, et inventé le poème en un seul mot (plus le titre!)
Il eut deux enfants de deux mariages et mourut à Edinburgh en 2006.

L’importance des mots dans le travail de Finlay.

“A lot of my work is to do with straightfoward affection, and it always amazes me how little affection for anything there is in art today.”

Citation de Ian Hamilton Finlay, rapporté par un journaliste de l’indépendant, en 2006.

Dans toutes les oeuvres de Ian Hamilton Finlay, on retrouves des mots, des inscriptions, des phrases inventées par l’artiste ou bien des citations célèbres. En effet, ces slogans, ces phrases courtes ou ces mots qui traversent la plupart des créations de Ian Hamilton Finlay témoignent de la vocation première de cet artiste qui fut avant tout poète et écrivain.

Cette passion des mots se retrouve tout particulièrement dans ses jardins, qui sont parsemés d’inscriptions politiques, philosophiques, esthétiques paradoxales ou décalées.

Finlay, poète engagé et étudiant de philosophie classique, reconnait le pouvoir des mots qui influencent nos perceptions du monde et peuvent même nous inciter à l’action.
Mais l’apparence des mots, leur forme, leur couleur ont également une grande importance pour le poète, qui se lance dans la “poésie concrète”.

C’est en 1966 que Sue et Ian, qui s’étaient rencontrés deux ans auparavant à Edinburgh, s’installent à ”Stonypath”, une ferme sur le coteau de Pentland.

Ian travaillait sa poésie concrète depuis un certain temps, ainsi que des plans, des maquettes et des prototypes de bois pour leur projet de jardin.
Sue plantait les arbres et Ian s’occupait de concevoir les plans d’eau, les constructions et les aménagements. C’est de cette époque que date sa collaboration avec les tailleurs de pierres qui sculptèrent les œuvres à placer dans le jardin.

Little Sparta fut continuée pendant 25 années, tableaux après tableaux, poèmes après poèmes. Même après sa séparation avec Sue, il continua à parfaire le jardin, et ce jusqu’à la fin de sa vie.

Il eut de nombreux collaborateur, cependant chaque installation est clairement identifiable comme œuvre de Ian Hamilton Finlay. C’est lui qui avait les idées, les concepts artistiques et dirigeait les travaux, en grand jardinier-philosophe, ou bien poète-horticulteur qu’il était.


Les thèmes abordés à Little Sparta

  • La révolution française.
  • La vision prés Socratique du monde.
  • La seconde Guerre Mondiale.
  • La mer, les bateau.
  • Les animaux.

Le contenu du jardin

Le contenu du jardin encourage toujours le visiteur à penser à ce qu’il voit, car chaque élément a un sens fort et incarne des concepts précis. Cependant Ian Hamilton Finlay a conçu le jardin également pour que l’on prenne plaisir à s’y promener et à y séjourner.
Voici quelques exemples d’installations:

-Nucléar sail. Un monolithe de pierre noire dressée, menaçant, prés d’un plan d’eau.

-Un groupe d’érables et de charmes avec une plaque placée devant qui dit: “Bring back the birch”

-Des tortues de pierres dissimulées sous un buisson, possédant une carapace ressemblant à la carrosserie d’un tank.

-Une pierre dressée prés d’un sentier où est gravée l’inscription: “Man/a passerby” Ainsi Finlay grave dans la roche un rappel éternel de la brièveté de la vie humaine.

Ian Hamilton Finlay est aussi un artiste engagé

Il a mené de nombreuses luttes, et il eut son lot d’expositions interdites, et de problèmes avec les autorités. Son travail est mené comme une lutte, il critique le manque de sens de l’art moderne ainsi que sa vacuité. Il utilise également le classicisme pour lutter contre l’absurdité du libéralisme utilitariste moderne.

Il défend également la Nature, uniquement considérée par nos société comme une ressource.

Les nombreux centres d’intérêts de Ian Hamilton Finlay nourrissent sa révolte. Révolte qui explique sa fascination pour la révolution française.( Touché par le tragique et l’idéalisme de la Révolution française, il lui consacre des parties de ses jardins et de nombreuses citations.)

Sources

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